Les animaux-lune: La Grue

Publié le par Eloah


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La Grue


C'est un oiseau qu'on n'associe pas d'emblée à la plupart des contes populaires.

La mythologie grecque le considérait comme un protecteur vigilant et patient ; par ailleurs, la tradition celtique lui attribue de fortes connotations féminines.

La grue d'Europe est un grand oiseau gris, au long cou blanc portant une tête noire ornée d'une éclatante calotte rouge.

En tant qu'oiseau aquatique, il était en rapport avec l'autre monde et, à ce titre, on

voyait en lui un animal secret, magique et doué de facultés occultes.

Le légendaire celtique associait la grue aux divinités hostiles, aux femmes âgées

ainsi qu'à celles ayant soit mauvais caractère, soit des moeurs douteuses.

De nombreux contes rapportent que des femmes ont été transformées en grues : en guise de punition, Sainte Colombe, en Irlande, se vit changée en reine et ses servantes en grues ; le dieu marin Mannanan possédait un sac magique fait d'une peau de grue qui avait été précédemment une femme changée en cet animal à cause de sa jalousie et Fionn, héros irlandais tombé d'une falaise dans son enfance, fut sauvé par sa grand-mère qui s'était changée en grue.

Mais on associait également cet oiseau aux morts, ainsi qu'à la fin de l'année

révolue et aux changements de saison.

Les contes irlandais parlent des « quatre grues de la mort », représentant les quatre fils ensorcelés d'une vieille femme qu'on appelait « la Sorcière du Temple ».

Par ailleurs, le dieu Midir était accompagné de trois grues qui

pouvaient retirer aux guerriers leur courage et leur aptitude au combat ; de même qu'il était de très mauvais augure d'en rencontrer une sur le chemin de la bataille.

Cet affaiblissement de l'ardeur combative dont on tenait la grue responsable est l'expression de tabous analogues à ceux dont sont entourées les femmes qui ont leurs règles.

Dans tous ces contes, les femmes symbolisées par cet oiseau révèlent un

comportement et des pouvoirs du même ordre que ceux attribués à celles qui se trouvent en phase prémenstruelle ou en période de menstruation.

Elles sont regardées comme des êtres violents, agressifs, lubriques et susceptibles d'apporter aux hommes des catastrophes et la mort.

La grue allait pourtant également de pair avec la faculté de prophétie, le passage d'un cycle à un autre, l'extase introspective et la protection tutélaire, symbolisant par là les aspects positifs des phases précitées.

Publié dans La Lune

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